12 réponses sur 100 pour ChatGPT. 35 sur 100 pour Perplexity. Même marque, mêmes questions, dans un audit réel que nous avons décrypté ligne par ligne. Entre ChatGPT, Gemini, Perplexity et Claude, la différence pour une marque tient surtout à l’endroit où chacun va chercher ses sources. ChatGPT s’appuie d’abord sur ce qu’il a appris et favorise les acteurs établis. Gemini puise dans l’écosystème Google. Perplexity cherche en temps réel et cite souvent le plus de marques. Claude est le plus prudent des quatre.
Une marque peut donc être bien citée par une IA et presque absente d’une autre. Rien d’anormal. Le vrai risque, c’est d’en tester une seule et d’en tirer une conclusion pour les quatre.
Ce que nous décrivons ici vient des milliers de réponses que nous avons analysées en audit, sur des dizaines de secteurs. Ce sont des tendances, pas des lois : les modèles changent souvent, et aucun éditeur ne publie sa façon de choisir les marques. Nous vous donnons aussi, plus loin, une méthode pour vérifier tout ça sur votre propre marque.
Quelle est la différence entre ChatGPT, Gemini, Perplexity et Claude pour une marque ?
Ils ne lisent pas les mêmes sources et ne prennent pas les mêmes risques : chacun cite donc des marques différentes sur la même question. Le tableau résume ce que nous observons, IA par IA.
| IA | D’où viennent ses sources | Ce qu’elle cite volontiers | Comment la lire quand vous la testez | Exemple réel : réponses citant la marque |
|---|---|---|---|---|
| ChatGPT | Ce qu’il a appris à l’entraînement, plus une recherche web quand il juge que ça ne suffit pas | Les acteurs établis, présents depuis longtemps sur beaucoup de sites | Regardez s’il affiche des sources : sans source, il répond de mémoire | 12 sur 100 |
| Gemini | L’index et l’écosystème Google | Les marques déjà solides sur Google, sans recopier le classement | Comparez avec la 1re page Google et l’aperçu IA de la même requête | 23 sur 100 |
| Perplexity | Une recherche web en temps réel, à chaque question | Souvent le plus de marques par réponse, y compris des moins connues | Ses sources sont listées : notez les sites qui reviennent, ce sont vos cibles | 35 sur 100 |
| Claude | Ce qu’il a appris, et le web quand la recherche est activée | Moins de noms, plus de nuances : le plus prudent des quatre | Notez quand il dit manquer d’informations : c’est un signal sur vos sources | 21 sur 100 |
La dernière colonne vient d’un seul audit réel (100 requêtes, une marque leader de son secteur, anonymisée). C’est un exemple, pas une moyenne. Dans cet audit, ChatGPT, l’IA la plus utilisée, était celle qui citait le moins la marque. Dans un autre secteur, l’ordre aurait pu être tout autre.
Pourquoi regarder les quatre IA, et pas seulement ChatGPT ?
Parce qu’une seule IA donne une image fausse, dans un sens ou dans l’autre. Sur l’exemple du tableau, tester ChatGPT seul aurait sous-estimé la marque ; tester Perplexity seul l’aurait surestimée.
La tentation est compréhensible : on regarde ChatGPT parce que tout le monde l’utilise, ou Gemini parce qu’il vient de Google. Mais chaque IA construit ses réponses à sa façon. Certaines s’appuient d’abord sur leur entraînement, d’autres sur la recherche web, d’autres sur un mélange des deux. Juger sa visibilité sur une seule, c’est un peu comme juger sa présence en ligne sans jamais ouvrir YouTube.
C’est pour ça que nous regardons chaque IA à part : une vue globale d’abord, puis le détail IA par IA. Chaque audit Beeleven pose au moins 100 requêtes réelles à ChatGPT, Gemini, Perplexity et Claude. Depuis le 5 octobre 2026, nous relevons aussi les AI Overviews de Google sur les mêmes requêtes. Nous les présentons à part, hors taux de mention, parce que Google n’en affiche pas sur chaque requête. Ce sont les écarts entre IA qui disent où agir en premier. Si le GEO (Generative Engine Optimization) est nouveau pour vous, commencez par là, puis voyez par où commencer selon votre situation.
ChatGPT : la prime aux acteurs installés
ChatGPT cite d’abord les marques qu’il connaît déjà, celles qui ont une présence ancienne et dense sur le web. C’est aussi l’IA que vos clients utilisent le plus, de loin.
D’après le premier baromètre d’audience de l’Arcom (juin 2026), ChatGPT représente 76 % du temps passé sur les services d’IA en France en avril 2026, contre 5 % pour Claude, 4 % pour Gemini et 3 % pour Perplexity. Pour une marque, être absente de ChatGPT, c’est manquer le canal le plus fréquenté.
ChatGPT répond avec deux sources : sa mémoire d’entraînement, et une recherche web quand il juge qu’elle ne suffit pas. D’où sa préférence pour les acteurs établis. Une marque présente depuis dix ans, citée dans la presse, les comparatifs et les forums, il la connaît sans avoir besoin de chercher. Une marque de trois ans, beaucoup moins.
Ce qui surprend davantage, c’est que les pages qu’il cite ne sont pas forcément celles que Google classe en tête. Nous le voyons chaque semaine : des marques solides sur Google absentes des réponses, et des sites peu visibles sur Google cités. Ce qui joue, c’est la manière dont la page répond (réponse directe sous chaque titre, données vérifiables, contenu à jour) et la présence de la marque sur les sites tiers que les IA consultent. C’est ce que montre notre étude sur 317 pages.
Et la publicité ? Depuis le 24 août 2026, ChatGPT en affiche en France, pour les formules gratuite et Go. OpenAI précise que les annonces sont identifiées et séparées des réponses, sans influence sur leur contenu. Une campagne vous place sous la réponse. Être cité dedans reste une affaire de GEO.
Gemini : l’écosystème Google comme socle
Gemini s’appuie sur la recherche Google : c’est l’IA la plus sensible à votre SEO existant, sans pour autant recopier le classement.
Gemini est le modèle de Google, et ça se sent. Il puise dans l’index de Google et dans son écosystème (fiches d’établissement, avis, vidéos YouTube). Pour une marque déjà bien installée sur Google, c’est un terrain favorable.
Favorable ne veut pas dire acquis. Une page en tête de Google, mais datée et mal structurée, peut être ignorée au profit d’un concurrent qui répond plus directement. Et nous avons vu des marques bien citées par Perplexity et absentes de Gemini sur la même requête.
L’autre particularité de Gemini, c’est sa portée. Un modèle Gemini fait tourner les Aperçus IA (AI Overviews), ces réponses générées en haut des résultats Google, et le Mode IA, une recherche en conversation. Les deux sont arrivés en France le 22 juillet 2026 : votre marque peut désormais être résumée par Gemini au-dessus des liens bleus. D’après BrightEdge (février 2026), environ 17 % seulement des sources citées dans les AI Overviews sont aussi dans le top 10 organique. Ahrefs mesure 37,9 % (mars 2026). Les deux études divergent, mais aucune ne dit que le classement suffit. Le blog de Detekia détaille comment apparaître dans les AI Overviews en France.
Pourquoi Perplexity cite-t-il plus de marques que les autres IA ?
Parce qu’il cherche ses sources sur le web à chaque question et en affiche plusieurs : plusieurs marques peuvent cohabiter dans une même réponse, y compris des marques peu connues.
Dans nos audits, c’est souvent lui qui cite le plus de marques. Perplexity fonctionne comme un moteur de recherche augmenté : chaque réponse est accompagnée de ses sources, avec des liens. L’utilisateur peut vérifier, cliquer, approfondir.
Ce fonctionnement a une conséquence directe. ChatGPT peut citer une marque établie de mémoire, sans relire ses pages. Perplexity, lui, va chercher. Si votre contenu est récent, bien structuré et lisible par les robots, vous avez une chance. S’il est daté ou bloqué aux robots, il cite quelqu’un d’autre.
C’est aussi l’IA la plus ouverte aux nouveaux venus. Un article publié il y a deux semaines, avec des données solides, peut y être cité au même titre qu’un média national. Pour une marque jeune, c’est souvent la première porte. Ce guide détaille comment apparaître dans les réponses de Perplexity.
Un conseil au passage : même si votre public utilise peu Perplexity (3 % du temps passé, selon l’Arcom), ouvrez-le. Ses sources affichées sont la façon la plus simple de voir quels sites les IA lisent dans votre secteur.
Claude : la prudence comme signature
Claude est le plus prudent des quatre : il cite moins de marques, avec plus de nuances, et dit plus volontiers qu’il manque d’informations.
Claude, développé par Anthropic, qualifie ses réponses. Quand il recommande une marque, il précise souvent dans quels cas elle convient, et dans quels cas elle convient moins. Pour une marque citée, c’est flatteur. Pour une marque absente, c’est plus exigeant : convaincre un modèle prudent demande des preuves.
Il répond aussi plus volontiers qu’il n’a pas assez d’informations pour recommander. Frustrant quand on est la marque concernée. Honnête, au fond. Et prudent ne veut pas dire muet : dans l’audit réel du tableau, Claude citait la marque dans 21 réponses sur 100, presque deux fois plus que ChatGPT.
Pour être cité par Claude, misez sur ce qui se vérifie : des mentions dans des sources tierces fiables, des chiffres dont la source est nommée. Les sites qui affirment sans prouver sont ceux qu’il a le plus de raisons d’écarter.
Comment tester vous-même ce que chaque IA dit de votre marque ?
Posez les mêmes questions de clients aux quatre IA, sans nommer votre marque, et notez qui est cité et avec quelles sources. Une heure suffit pour un premier constat.
- Écrivez dix questions comme vos clients les posent avant d’acheter, sans votre marque : « quel prestataire pour… », « comparatif des… », « meilleur… pour une PME en France ». Couvrez plusieurs thèmes de votre offre.
- Posez-les aux quatre IA, chaque fois dans une nouvelle conversation. Si vous le pouvez, sans votre compte habituel : l’historique et la mémoire peuvent orienter la réponse.
- Notez quatre choses par réponse : êtes-vous cité, à quelle place, qui est cité à votre place, quelles sources apparaissent.
- Reposez deux ou trois questions une seconde fois. Si la réponse change, vous voyez pourquoi dix questions ne font pas une mesure.
- Finissez par une question qui vous nomme (« que sais-tu de X ? ») et vérifiez les prix, les offres, les noms de produits.
Que faire de ce que vous voyez ?
Si vous êtes absent des quatre, le problème vient des sources, pas d’une IA en particulier. Regardez les sites cités à votre place (comparateurs, médias, forums) : c’est là qu’il faut exister. Si Perplexity vous cite et pas ChatGPT, votre contenu récent fonctionne mais votre historique de mentions est mince : c’est un travail de presse et de présence sur des sites tiers, sur la durée. Si Gemini est le seul à vous ignorer, regardez votre présence sur Google : fiche, avis, pages qui répondent vraiment à la question. Si Claude vous écarte, cherchez ce qui manque de preuves.
Et si une IA se trompe sur vous, ne la corrigez pas dans la conversation : corrigez la source. Pour les erreurs que nous relevons en audit (prix faux, services disparus, noms de produits changés que les médias n’ont jamais suivis), la correction passe par les pages qui diffusent la mauvaise version : votre site, vos fiches, les articles qui parlent de vous.
Ce test a une limite, autant être clair. Dix questions donnent un constat, pas un taux de mention : pour savoir si vous êtes cité une fois sur deux ou une fois sur dix, il faut au moins 100 requêtes. C’est ce que mesure l’audit de visibilité IA. Si vous préférez que quelqu’un fasse le test avec vous, le pré-audit gratuit pose 10 questions de votre marché aux quatre IA, puis nous vous montrons les réponses en 30 minutes de visio.
Faut-il travailler chaque IA différemment ?
Pas pour l’essentiel : les mêmes fondamentaux marchent sur les quatre. Ce qui change, c’est le poids de chacun, et donc l’ordre de vos priorités.
Tout miser sur ChatGPT parce qu’il domine l’audience, c’est ignorer trois autres canaux où vos clients posent aussi leurs questions. Et les usages bougent vite.
Les signaux qui font citer une page par les IA valent pour toutes : réponse courte sous les titres, titres en questions, tableaux, date de mise à jour récente, contenu complet, présence sur les sites tiers. Une IA qui parcourt votre page cherche une réponse qu’elle peut reprendre, quel que soit son nom. Les mécanismes communs, nous les avons détaillés dans comment les LLM choisissent les marques qu’ils recommandent.
Le dosage, lui, diffère. La présence sur des sites tiers compte partout, et plus encore pour les IA qui cherchent en temps réel, comme Perplexity. Le SEO existant pèse davantage sur Gemini. Les preuves vérifiables pèsent davantage sur Claude. Le blog Detekia compare aussi les habitudes de citation de Claude, Gemini et Perplexity.
Nous recommandons donc deux temps. D’abord les fondamentaux qui marchent partout : laisser les robots des IA lire le site, placer une réponse courte sous chaque titre en question, étayer les pages de chiffres sourcés, afficher une date de mise à jour. Ensuite, concentrer l’effort sur l’IA où vous avez le plus de retard. Pour savoir laquelle, faites le test ci-dessus, puis mesurez-le pour de bon.
Questions fréquentes
Quelle IA cite le plus de marques ?
Dans nos audits, c’est souvent Perplexity, parce qu’il cherche sur le web à chaque question et affiche plusieurs sources par réponse. ChatGPT privilégie les acteurs établis, et Claude est le plus prudent des quatre. Ce n’est pas une règle pour chaque marque : dans un audit réel, une même marque était citée dans 35 réponses sur 100 par Perplexity, 23 par Gemini, 21 par Claude et 12 par ChatGPT.
Perplexity est-il meilleur que ChatGPT pour la visibilité ?
Il est plus ouvert aux marques moins connues, grâce à sa recherche web en temps réel. ChatGPT a une audience bien plus large : 76 % du temps passé sur les services d’IA en France en avril 2026, contre 3 % pour Perplexity (Arcom). Les deux sont complémentaires, et selon les marques, l’un ou l’autre cite davantage. Il faut mesurer les deux.
Faut-il optimiser pour chaque LLM séparément ?
Pas en créant des contenus différents pour chaque IA. Les fondamentaux du GEO (pages lisibles par les robots des IA, réponses courtes sous des titres en questions, chiffres sourcés, contenu à jour, présence sur les sites tiers) marchent sur les quatre. En revanche, il faut mesurer sa visibilité sur chaque IA séparément, car les résultats varient beaucoup.
Les AI Overviews de Google comptent-ils comme une cinquième IA ?
Ils reposent sur un modèle Gemini, mais ils se lisent à part : Google n’affiche pas d’aperçu IA sur chaque requête. Depuis le 5 octobre 2026, nous les relevons sur les mêmes requêtes que les quatre IA et nous les présentons séparément, hors taux de mention.
Sources
Arcom, Baromètre d’audience des services d’intelligence artificielle, 1re édition, juin 2026, données Médiamétrie d’avril 2026 (arcom.fr).
Google, lancement des Aperçus IA et du Mode IA en France, 22 juillet 2026 (blog.google).
Publicité dans ChatGPT en France à partir du 24 août 2026 (MacGeneration).
BrightEdge, sources citées par les AI Overviews et classement organique, février 2026 (brightedge.com) ; Ahrefs, mars 2026 (ahrefs.com).
Beeleven, étude de 317 pages citées par les IA, 30/09/2026 (résultats) ; exemple d’audit réel anonymisé, 100 requêtes (aperçu d’audit).
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